Mon ado ne sait pas quoi faire plus tard : comment l'aider ?
Mon ado ne sait pas quoi faire plus tard : chiffres fiables, conseils utiles aux parents et pistes pour avancer dans son orientation sans lui imposer de choix.
ORIENTATION SCOLAIRE
Sébastien FLAMENS
10/11/202610 min lire


« Tu sais ce que tu aimerais faire plus tard ? »
« Aucune idée. »
Et voilà parfois les parents aussi perplexes que leur adolescent. Comment l'aider à trouver sa voie quand lui-même ne sait pas encore par où commencer ?
Pour les parents, cette absence de réponse peut devenir préoccupante, surtout lorsque les premières décisions approchent : orientation après la troisième, choix des spécialités au lycée, études supérieures…
Faut-il le pousser à chercher ? Lui proposer des métiers ? Attendre qu'il trouve seul ? Et comment l'aider sans transformer chaque discussion sur son avenir en source de tension ?
Ne pas savoir quoi faire plus tard à 14, 16 ou 18 ans n'a rien d'exceptionnel. Mais cela ne signifie pas non plus qu'il faille attendre passivement qu'une idée apparaisse.
L'enjeu est plutôt d'aider votre adolescent à construire progressivement ses propres repères, sans lui demander de choisir dès maintenant ce qu'il fera toute sa vie.
L'incertitude face à l'orientation : une réalité qui concerne beaucoup de jeunes
Les adolescents sont nombreux à se sentir perdus lorsqu'il s'agit d'imaginer leur avenir. Et les études confirment que cette incertitude est loin d'être marginale.
Selon le baromètre L'Étudiant–BVA réalisé en 2023 auprès de 1 609 lycéens et étudiants, 83 % des jeunes interrogés se déclaraient préoccupés par leur orientation. La Fondation de France, qui reprend ces résultats dans une publication de septembre 2025, souligne également le besoin d'un accompagnement plus soutenu exprimé par une grande partie des jeunes.
👉️ Fondation de France : repenser l'orientation scolaire - 2024
À l'échelle internationale, le constat est similaire.
D'après les données PISA 2022 analysées par l'OCDE, environ deux adolescents de 15 ans sur cinq n'ont pas de projet professionnel clair dans les pays étudiés. L'organisation observe également une augmentation importante de cette incertitude par rapport à 2018.
👉️ OECD : Teenage career uncertainity - Why it matters and how to reduce it - 2025
Ces chiffres portent sur des populations différentes et ne sont pas directement comparables. Ils montrent néanmoins que les difficultés d'orientation concernent une proportion importante des jeunes.
Et cela peut se comprendre.
À 15 ans, on connaît encore peu le monde du travail. Les métiers que l'on imagine sont souvent ceux de son entourage, ceux que l'on voit dans les médias ou ceux dont on a entendu parler à l'école.
Comment choisir parmi des possibilités que l'on ne connaît pas encore ?


Pourquoi votre adolescent ne sait-il pas quoi faire plus tard ?
Derrière un « je ne sais pas », plusieurs réalités peuvent se cacher.
Il connaît encore très peu les métiers
Un adolescent peut connaître les métiers de médecin, architecte, avocat ou ingénieur sans réellement savoir ce que ces professionnels font au quotidien.
Il peut aussi ignorer complètement l'existence de professions qui correspondraient pourtant à ses centres d'intérêt.
L'orientation ne consiste donc pas seulement à sélectionner un métier parmi ceux que l'on connaît. Elle nécessite souvent de commencer par élargir sa représentation du monde professionnel.
Il a peur de faire le mauvais choix
Certains jeunes ont des idées, mais n'osent pas les exprimer.
Ils craignent de décevoir leurs parents, de choisir une voie sans débouchés, de ne pas avoir le niveau ou de s'engager dans des études qui ne leur plairont finalement pas.
Plus la décision leur paraît définitive, plus ils peuvent avoir du mal à se positionner.
Pourtant, un choix d'orientation n'est pas un engagement irréversible. Il existe des passerelles, des évolutions de parcours et des possibilités de réorientation.
Il ne sait pas encore ce qui compte pour lui
Aimer une matière scolaire ne signifie pas nécessairement vouloir travailler dans le domaine correspondant.
Inversement, un jeune peut s'intéresser à un métier sans apprécier toutes les disciplines nécessaires pour y accéder.
Il est utile de distinguer plusieurs dimensions : ses goûts, ses motivations, ses valeurs, ses expériences, ses capacités et les conditions dans lesquelles il aimerait évoluer.
Ce travail de connaissance de soi peut prendre du temps. Il est pourtant essentiel pour dépasser les premières idées et construire une réflexion plus personnelle.
Réorientations et abandons après le bac : que nous apprennent les chiffres ?
Les hésitations ne disparaissent pas nécessairement une fois le baccalauréat obtenu.
Une étude du ministère de l'Enseignement supérieur, publiée en juillet 2026, s'est intéressée aux trajectoires des étudiants entrés en première année de licence en 2019.
Quatre ans après leur entrée dans le supérieur, près d'un étudiant sur six s'était engagé dans une réorientation. D'autres parcours étaient marqués par des redoublements ou une sortie de l'enseignement supérieur sans diplôme obtenu pendant la période observée.
Le phénomène concerne également Parcoursup.
En 2025, 150 283 candidats inscrits dans une démarche de réorientation ont reçu au moins une proposition d'admission sur la plateforme, selon les chiffres officiels du ministère. Ce nombre ne correspond pas au total des réorientations effectivement réalisées, mais il témoigne de l'importance des demandes de changement de parcours.
👉️ Ministère de l'Enseignement Supérieur - Bilan Parcoursup 2025 : un nombre record de candidats, des résultats stables et un accompagnement renforcé au lycée - Octobre 2025
Faut-il en conclure que ces étudiants avaient fait un mauvais choix au lycée ? Pas nécessairement.
Un changement de voie peut résulter d'une difficulté d'adaptation, d'une découverte de nouveaux centres d'intérêt ou simplement d'une évolution personnelle. Il peut même constituer une décision très positive.
Cependant, ces données rappellent une réalité : choisir une formation ne suffit pas, encore faut-il comprendre ce qu'elle implique réellement.
Le contenu des études, leur pédagogie, leur durée, leurs exigences et les métiers auxquels elles peuvent conduire méritent d'être explorés avant de s'engager.
L'objectif n'est pas d'éviter toute réorientation, mais de permettre au jeune de choisir avec davantage d'informations et de recul.
Comment aider son ado à choisir son orientation sans décider à sa place ?
Face à l'indécision de leur enfant, les parents cherchent naturellement à l'aider. Mais certaines questions, pourtant bien intentionnées, peuvent renforcer la pression.
« Tu as réfléchi à ce que tu veux faire ? »
« Il faut vraiment que tu te décides. »
« Avec tes résultats, tu pourrais faire médecine. »
Ces remarques partent souvent d'une inquiétude légitime. Le problème est qu'elles placent rapidement l'adolescent face à une décision qu'il n'est peut-être pas encore en mesure de prendre.
Voici plusieurs façons de l'aider à avancer.
1. Partez de ce qu'il aime, plutôt que de lui demander un métier
Au lieu de chercher immédiatement une profession, intéressez-vous à ce qui l'anime.
Quelles activités lui donnent envie de s'investir ? Qu'aime-t-il apprendre spontanément ? Dans quelles situations se sent-il à l'aise ? Quelles qualités admire-t-il chez les autres ?
Ses loisirs, ses expériences, ses engagements ou même certains jeux peuvent offrir des pistes de réflexion.
Ils ne permettent pas de déduire automatiquement un métier, mais ils aident à mieux comprendre ses intérêts et ses motivations.
2. Aidez-le à découvrir ce qu'il ne connaît pas
Une fois quelques centres d'intérêt identifiés, encouragez votre adolescent à explorer différents univers professionnels.
Il peut consulter des fiches métiers, rencontrer des professionnels, participer à des journées portes ouvertes ou profiter de ses stages pour observer des environnements de travail.
Les ressources gratuites de l'Onisep constituent notamment un bon point de départ.
L'essentiel est de dépasser les intitulés des métiers pour découvrir les activités concrètes, les conditions de travail et les parcours de formation.
3. Ne confondez pas absence de projet et absence de motivation
Un adolescent qui ne parvient pas à choisir son orientation n'est pas nécessairement désintéressé par son avenir.
Il peut avoir besoin de davantage d'informations, de temps pour réfléchir ou d'un cadre différent pour exprimer ses envies.
Plutôt que d'interpréter son hésitation comme un manque d'effort, essayez de comprendre ce qui le bloque.
Et lorsque le sujet génère des tensions, il peut être préférable de reporter la discussion à un moment plus propice.
4. Avancez par étapes plutôt que de chercher une réponse définitive
À 15 ou 17 ans, il est rarement nécessaire de déterminer le métier que l'on exercera pendant quarante ans.
L'objectif peut être beaucoup plus simple : identifier plusieurs domaines intéressants, comprendre ce qui les distingue et sélectionner quelques pistes à approfondir.
On peut ensuite comparer les études possibles, leurs exigences et les débouchés.
Cette démarche laisse au jeune la possibilité d'évoluer tout en construisant progressivement un projet plus concret.
Un accompagnement à l'orientation peut-il vraiment aider un jeune à gagner en confiance ?
Cette question mérite d'être examinée au-delà des témoignages.
Les recherches scientifiques suggèrent que les interventions d'orientation peuvent améliorer la confiance des jeunes dans leur capacité à prendre des décisions.
Une méta-analyse publiée en 2017, regroupant 57 études, a notamment observé des effets positifs des interventions d'orientation sur différents indicateurs, dont la confiance dans les choix professionnels. Le soutien apporté par un conseiller apparaît comme l'un des éléments pouvant contribuer à leur efficacité.
Une étude publiée en février 2025 auprès de lycéens chinois apporte une nuance intéressante : les séances d'information et de formation à l'orientation ont amélioré le sentiment de capacité à décider, sans nécessairement réduire les difficultés de choix. L'ajout d'un accompagnement en groupe a, en revanche, permis de réduire ces difficultés dans le dispositif étudié.
Ces travaux ne permettent pas de garantir le résultat d'un bilan individuel en France, ni de mesurer directement l'efficacité de la méthode Avenir Factory.
Ils soulignent néanmoins l'intérêt potentiel d'un accompagnement qui ne se limite pas à fournir des informations.
Comprendre ses motivations, explorer plusieurs possibilités, confronter ses idées à la réalité et apprendre à comparer des scénarios peut aider un jeune à construire une décision plus éclairée.
Il ne s'agit pas nécessairement de sortir d'un bilan avec un métier définitivement choisi, mais de disposer de repères plus solides pour avancer.
Quand envisager un bilan d'orientation scolaire ?
Un accompagnement extérieur peut être utile lorsque les discussions tournent en rond, que votre enfant n'arrive pas à identifier de pistes ou qu'une décision scolaire approche sans qu'il dispose de suffisamment de repères. Il peut également être intéressant lorsqu'un jeune possède déjà un projet, mais souhaite explorer d'autres possibilités ou vérifier la cohérence de son choix.
Le rôle du praticien n'est pas de décider à sa place.
Dans le cadre de mon accompagnement avec la méthode Avenir Factory, je commence par explorer avec le jeune ses expériences, ses centres d'intérêt, ses valeurs et ses motivations. Nous ouvrons ensuite progressivement différentes pistes professionnelles, en nous appuyant notamment sur les outils Parcouréo, avant d'approfondir les métiers et les formations qui retiennent réellement son attention.
Le jeune reste acteur de sa réflexion. Les questionnaires servent de supports d'exploration, pas de verdicts. L'objectif est de construire plusieurs scénarios réalistes et argumentés qu'il pourra comprendre, comparer et faire évoluer.
J'accompagne les collégiens, lycéens et étudiants à Lyon 6, ainsi qu'à distance.
Un premier entretien découverte, offert et sans engagement, permet de faire le point avec le jeune et sa famille sur sa situation et ses besoins.
👉️ Découvrir mon accompagnement en orientation scolaire à Lyon


👉️ Vous vous demandez à quel moment cette démarche peut être utile et ce qu'elle implique concrètement ? Je détaille les différentes possibilités dans mon article consacré au bilan d'orientation scolaire : âge, déroulement et prix.
Et si votre adolescent n'avait pas besoin de trouver sa voie immédiatement ?
L'avenir professionnel d'un adolescent ne se résume pas à une décision prise en troisième ou en terminale.
Ses intérêts évolueront. Il découvrira de nouvelles possibilités, vivra des expériences et développera des compétences qu'il ne soupçonne peut-être pas encore.
L'aider à s'orienter, ce n'est donc pas lui demander de connaître dès aujourd'hui toutes les réponses.
C'est lui permettre d'apprendre à se connaître, à explorer, à questionner ses premières idées et à prendre progressivement confiance dans sa capacité à choisir.
Un projet d'orientation n'a pas besoin d'être définitif pour être suffisamment solide pour avancer.
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Sébastien FLAMENS
Praticien en orientation scolaire à Lyon et à distance
Consultant en bilan de compétences à Lyon et à distance
Praticien en thérapies brèves à Lyon


Localisation de mon cabinet pour un accompagnement en orientation scolaire et professionnelle à Lyon 6ème (proche Part-Dieu / Lyon 3)
