Choisir ses spécialités au lycée : comment décider sans se fermer de portes ?
Maths, SES, SVT, physique-chimie, HGGSP… En seconde, choisir trois spécialités peut vite devenir un casse-tête. Voici comment raisonner sans chercher la combinaison parfaite.
ORIENTATION SCOLAIRE
Sébastien FLAMENS
9/14/20269 min lire


En classe de seconde, le choix des spécialités arrive parfois alors que le projet d’orientation est encore très flou.
Et pourtant, la question est rarement vécue comme anodine :
« Si je choisis mal, est-ce que je vais me fermer des portes ? »
C’est probablement l’une des inquiétudes que j’entends le plus autour de l’orientation au lycée.
Il faut commencer par remettre un peu de nuance dans cette question. Oui, les spécialités ont une importance : elles permettent d’approfondir certaines disciplines et préparent plus ou moins directement à certaines études supérieures.
Mais non, il n’existe pas une combinaison parfaite qu’il faudrait absolument découvrir à 15 ans.
L’objectif est plutôt de construire un choix suffisamment cohérent aujourd’hui tout en conservant plusieurs possibilités pour demain.
En voie générale, chaque élève choisit trois enseignements de spécialité en fin de seconde, qu’il suit en première.
À la fin de la première, il en conserve deux en terminale.
Il existe actuellement 13 enseignements de spécialité au niveau national, même si tous ne sont pas proposés dans chaque lycée.
Les spécialités les plus connues sont notamment :
mathématiques ;
physique-chimie ;
sciences de la vie et de la Terre (SVT) ;
sciences économiques et sociales (SES) ;
histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP) ;
humanités, littérature et philosophie (HLP) ;
langues, littératures et cultures étrangères et régionales (LLCER) ;
numérique et sciences informatiques (NSI) ;
sciences de l’ingénieur (SI).
À cela s’ajoutent notamment les arts, la littérature et les langues et cultures de l’Antiquité, l’éducation physique, pratiques et culture sportives ou encore la biologie-écologie dans certains établissements.
👉️ Ministère de l'éducation nationale : Cycle terminal de la voie générale
👉️ Ministère de l'éducation nationale : L’orientation en seconde générale et technologique
Combien de spécialités faut-il choisir ?
Première erreur : chercher la combinaison qui « ouvre toutes les portes »
C’est tentant...
On pourrait imaginer qu’il existe trois spécialités particulièrement stratégiques qui permettraient ensuite de tout faire.
En réalité, aucune combinaison ne permet de préparer aussi bien toutes les études supérieures.
Choisir mathématiques, physique-chimie et SVT peut par exemple constituer une base scientifique solide. Mais cela signifie aussi renoncer à SES, HGGSP, NSI, langues ou HLP.
Le véritable objectif n’est donc pas d’ouvrir toutes les portes.
Il consiste à garder ouvertes les portes qui ont une probabilité raisonnable de vous intéresser.
La différence semble subtile, mais elle change complètement la manière de réfléchir.
Un lycéen qui hésite encore entre médecine, biologie et ingénierie n’a pas les mêmes choix à préserver qu’un autre qui hésite entre droit, journalisme, sciences politiques et commerce.
Deuxième erreur : choisir uniquement en fonction d’un futur métier
À 15 ou 16 ans, certains élèves savent déjà précisément ce qu’ils souhaitent faire. Beaucoup d’autres ont quelques idées… ou aucune.
C’est parfaitement normal.
Je déconseille donc généralement de raisonner ainsi : « Je veux devenir X, quelles sont les trois spécialités obligatoires ? »
D’abord parce qu’une idée professionnelle peut évoluer.
Ensuite parce que Parcoursup rappelle qu’une formation supérieure ne peut pas imposer une combinaison unique de spécialités pour pouvoir déposer sa candidature. Les formations peuvent en revanche tenir compte du parcours suivi et de sa cohérence avec les compétences nécessaires à la réussite.
Autrement dit : il n’existe pas toujours une spécialité obligatoire, mais toutes les spécialités ne préparent pas de la même manière à toutes les formations.
C’est cette nuance qu’il faut garder en tête.
Les 4 critères que je conseille de croiser
Pour faire un choix pertinent, je ne regarderais jamais un seul indicateur. Je croiserais au minimum quatre dimensions.
2. Votre niveau… sans regarder uniquement la note
Les résultats comptent, évidemment.
Mais une moyenne ne raconte pas tout.
Deux élèves ayant 12/20 en mathématiques peuvent avoir des situations très différentes : l’un travaille peu mais comprend rapidement ; l’autre travaille énormément pour maintenir ce résultat.
De même, une mauvaise relation avec un enseignant, un manque de méthode ou un décrochage ponctuel peuvent fausser la perception que l’élève a de ses capacités.
Je préfère donc regarder ensemble :
l'intérêt + le niveau + la quantité de travail nécessaire + la facilité de compréhension + l'envie de progresser.
C’est beaucoup plus instructif qu’une moyenne isolée.
Cette distinction entre goût, niveau, investissement, efficacité et contexte pédagogique fait d'ailleurs partie de la manière dont j'aborde les matières dans un accompagnement d'orientation.
1. Ce que vous aimez réellement
Cela paraît évident, mais ce critère est parfois relégué derrière les supposées exigences du supérieur.
Or une spécialité représente plusieurs heures de cours chaque semaine : 4 heures par spécialité en première puis 6 heures pour chacune des deux spécialités conservées en terminale.
Choisir pendant deux ans une discipline pour laquelle on ne ressent ni intérêt ni curiosité peut devenir particulièrement coûteux en motivation.
La bonne question n’est d'ailleurs pas simplement : « Quelle matière j'aime ? »
Mais plutôt :
Qu'est-ce que j'aime dans cette matière ?
Est-ce son contenu ou l'enseignant ?
Est-ce que j'aime comprendre, analyser, expérimenter, argumenter, rédiger ?
Est-ce que j'aurais envie d'aller beaucoup plus loin dans cette discipline ?
👉️ Ministère de l'éducation nationale : Tout savoir sur le baccalauréat, les réponses à vos questions
3. Les études que vous pourriez envisager
Il n’est pas nécessaire d’avoir déjà choisi son métier.
On peut raisonner par grandes familles d’études.
Par exemple, si vous explorez plutôt... Des spécialités de près peuvent être... :
Sciences, ingénierie : Maths, physique-chimie, SI, NSI, SVT selon les projets
Santé, biologie : SVT, physique-chimie, maths notamment
Économie, commerce, gestion : SES, maths, HGGSP, langues selon les parcours
Droit, sciences politiques : HGGSP, SES, HLP, langues notamment
Informatique : NSI, maths, physique-chimie ou SI selon les formations
Lettres, langues, communication : HLP, LLCER, HGGSP, arts selon les projets
Architecture, design : Maths, physique, arts ou SI selon les formations envisagées
Ces exemples ne sont volontairement pas une prescription.
Ils permettent uniquement d’identifier les disciplines qu’il serait utile d’examiner lorsqu’un domaine commence à se dessiner.
Parcoursup conseille précisément de consulter les attendus et les profils des candidats admis dans les formations envisagées plutôt que de rechercher une combinaison présentée comme obligatoire.
👉️ Parcoursup - Comment choisir vos spécialités en seconde et première
4. Ce que vous voulez continuer à pouvoir envisager
C’est probablement le critère le plus négligé.
Imaginons qu’un élève pense aujourd’hui à des études de commerce, mais hésite encore avec ingénieur.
Dans ce cas, la question n’est pas uniquement : « Quelles spécialités sont bonnes pour le commerce ? »
Elle devient : « Quel choix me permet d'explorer encore sérieusement ces deux univers pendant un an ? »
C’est la logique que j’appelle volontiers celle des scénarios.
On ne cherche pas forcément une orientation unique immédiatement. On construit plusieurs possibilités plausibles, puis on les affine progressivement.


Faut-il choisir une spécialité dans laquelle on a de moins bonnes notes ?
Parfois, oui.
Un élève peut réellement aimer une discipline tout en rencontrant quelques difficultés.
Inversement, il peut obtenir d’excellentes notes dans une matière qu’il n’a absolument aucune envie d’approfondir.
Le niveau scolaire reste donc un critère important, mais il ne devrait pas être utilisé seul.
La question intéressante serait plutôt : « Est-ce que j’ai suffisamment d’intérêt et de potentiel pour accepter l’effort que cette spécialité va me demander ? »
Ce n'est pas tout à fait la même chose que regarder sa moyenne.
Et si mon enfant n'a aucune idée de ce qu'il veut faire ?
Dans cette situation, je déconseille de chercher immédiatement « le métier idéal ».
Il est souvent beaucoup plus utile de commencer par comprendre :
ce qui l'intéresse ;
les activités qu'il aime réaliser ;
ce qui le motive ou au contraire lui coûte beaucoup d'énergie ;
ses valeurs ;
les environnements dans lesquels il se projette ;
les matières qu'il aimerait réellement approfondir.
On peut ensuite ouvrir progressivement plusieurs domaines professionnels et plusieurs familles de métiers.
Cette logique correspond à celle que j'utilise dans mes accompagnements : partir du jeune, ouvrir suffisamment les possibilités, puis seulement comparer et réduire progressivement les pistes.


Trois questions à se poser avant de valider ses spécialités
Avant de confirmer votre choix, je vous propose un dernier test très simple :
Si je ne connaissais pas encore mon futur métier, aurais-je quand même envie d'étudier ces matières pendant un an ?
Parmi les études que j'envisage actuellement, existe-t-il une piste importante que ce choix rendrait nettement plus difficile ?
Si mon projet change l'année prochaine, est-ce que mes trois spécialités me laissent encore plusieurs scénarios qui me plaisent ?
Si les réponses sont satisfaisantes, vous avez probablement un choix suffisamment solide pour avancer.
Pas nécessairement le choix parfait.
Mais justement : en orientation, chercher une certitude absolue trop tôt peut parfois être plus paralysant qu’utile.
Besoin d'aide pour faire le choix ?
Le choix des spécialités devient souvent compliqué lorsque plusieurs questions se mélangent : les résultats scolaires, les envies de l’enfant, les attentes des parents, les études possibles et parfois déjà la pression de Parcoursup.
Dans mon accompagnement en orientation scolaire à Lyon, je ne cherche pas à dire à l’enfant quelles spécialités il « doit » choisir.
Nous travaillons plutôt à comprendre son profil, ses centres d’intérêt et son rapport aux matières, puis à explorer différents métiers et formations afin de construire plusieurs scénarios cohérents qu’il peut comprendre et comparer.
Un entretien découverte de 1 h 15, avec l’enfant et au moins un parent, est proposé gratuitement et sans engagement.
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Foire Aux Questions
Quelles spécialités choisir en seconde ?
En fin de seconde générale, l’élève choisit trois spécialités pour la première, puis en conserve deux en terminale. Le choix doit idéalement croiser ses goûts, ses résultats, les domaines d’études envisagés et les possibilités qu’il souhaite conserver.
Peut-on se fermer des portes avec les spécialités ?
Certaines spécialités préparent mieux que d'autres à certaines formations, mais une formation supérieure ne peut pas exiger une combinaison unique de spécialités pour examiner une candidature. Il reste néanmoins important de vérifier les connaissances et compétences attendues pour les études envisagées.
Peut-on choisir une spécialité même si on n'est pas excellent dans cette matière ?
Oui. Les notes sont un critère parmi d'autres. Il est utile d'examiner aussi l'intérêt pour la discipline, les capacités de progression, la quantité de travail nécessaire et la cohérence avec les études envisagées.
👉️Parcoursup : Examen des vœux par les formations
Quelles spécialités faut-il choisir quand on ne sait pas encore quoi faire ?
L'objectif devrait alors être de conserver plusieurs domaines réellement envisageables plutôt que d'essayer d'anticiper un métier précis. Les goûts, les matières appréciées et plusieurs grandes familles d'études peuvent servir de premières portes d'entrée.
Voir aussi : Académie de Lyon - Choisir son orientation pour préparer son affectation au lycée
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Sébastien FLAMENS
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