Réforme des études de santé 2027 : ce qui change pour les lycéens et leurs parents
À la rentrée 2027, le PASS et la LAS doivent disparaître au profit d’une voie unique d’accès aux études de santé. Voici ce que l’on sait déjà, et ce qui reste à préciser.
ORIENTATION SCOLAIRE
Sébastien FLAMENS
9/14/20268 min lire


À partir de la rentrée 2027, l’accès aux études de santé doit changer en profondeur. Le système PASS/LAS doit laisser place à une voie unique, plus harmonisée au niveau national.
Cette réforme concerne directement les lycéens qui envisagent la médecine, la maïeutique, l’odontologie, la pharmacie ou la kinésithérapie. Et elle arrive vite : les élèves actuellement en Première font partie des premiers concernés.
Pour les familles, une difficulté subsiste toutefois. Les grandes orientations de la réforme sont connues, mais toutes ses modalités ne sont pas encore définitivement arrêtées. Les textes réglementaires permettant aux universités de construire précisément leurs parcours sont encore attendus au moment où j’écris ces lignes.
Je vous propose donc de distinguer clairement ce qui est déjà confirmé de ce qui devra encore être vérifié dans les prochains mois.
Depuis 2020, les lycéens souhaitant accéder aux principales filières de santé doivent choisir entre deux voies : le PASS, parcours très orienté santé, et les LAS, des licences disciplinaires auxquelles s’ajoute un accès santé.
À compter de la rentrée universitaire 2027, le Gouvernement prévoit de remplacer ce système par une voie unique d’accès aux études de santé, harmonisée au niveau national.
Elle doit donner accès aux cinq filières regroupées sous l’acronyme MMOPK :
médecine ;
maïeutique ;
odontologie ;
pharmacie ;
kinésithérapie.
L’objectif annoncé est surtout de rendre l’accès aux études de santé plus lisible et de réduire les écarts entre les organisations proposées d’une université à l’autre. Cela ne signifie pas pour autant que l’accès aux études de santé deviendra facile : la sélection reste bien présente.
PASS et LAS doivent disparaître à la rentrée 2027


Une première année organisée autour de trois blocs
Cette architecture est importante, car elle montre que la future première année ne sera pas constituée uniquement de matières médicales ou biologiques.
Le bloc disciplinaire doit conserver une vraie place dans le parcours. L’un des objectifs est justement de permettre à l’étudiant de développer d’autres compétences et de disposer d’une poursuite d’études cohérente s’il n’intègre finalement pas l’une des filières de santé.


Le changement le plus intéressant pour comprendre la logique de la réforme concerne le contenu de cette future première année.
Le projet gouvernemental prévoit trois blocs complémentaires :
Santé - 24 à 30 ECTS : sciences et connaissances fondamentales communes aux filières de santé
Disciplinaire - 24 à 30 ECTS : une discipline contributive : par exemple biologie, droit, sciences humaines…
Transversal - 6 à 12 ECTS : communication, compétences psychosociales, éthique, sciences humaines et sociales
Comment se fera la sélection ?
Plusieurs principes ont déjà été annoncés.
Un étudiant devrait pouvoir présenter deux candidatures aux filières de santé : une première à la fin de sa première année et une seconde à la fin de sa deuxième année de licence.
Les blocs santé et disciplinaire devraient tous deux être validés avec une note au moins égale à 10/20. Le classement doit par ailleurs prendre davantage en compte l’ensemble du parcours académique plutôt que de reposer uniquement sur une épreuve finale.
Le Gouvernement a également annoncé la possibilité d’un redoublement dans certaines conditions.
Un point mérite cependant de rester prudent : les modalités exactes des épreuves complémentaires, notamment orales, ne sont pas encore suffisamment stabilisées pour que je conseille de les présenter aujourd’hui comme définitivement arrêtées. Le dossier gouvernemental d’avril évoquait des oraux encouragés selon les universités, tandis que des informations universitaires plus récentes annoncent d’autres évolutions. Les textes réglementaires doivent permettre de clarifier ce point.
Et sur Parcoursup ?
Le dossier gouvernemental prévoit un vœu principal correspondant à la nouvelle première année, associé à un choix disciplinaire.
C’est probablement l’un des points auxquels les familles devront être les plus attentives.
Aujourd’hui, beaucoup de lycéens raisonnent ainsi :
« Je veux faire médecine, donc je dois forcément choisir biologie. »
La future organisation invite à nuancer fortement ce raisonnement.
Le bloc disciplinaire pourra s’appuyer sur différentes disciplines. Les documents officiels citent notamment la biologie, le droit, les sciences humaines ou encore les soins infirmiers parmi les exemples possibles.
Quelle discipline choisir si l’on veut faire médecine ?
Il n’existe donc pas une réponse universelle du type :
médecine = biologie obligatoire.
Mais il serait tout aussi imprudent d'en conclure que le choix de discipline n'a aucune importance.
Pour choisir, je conseillerais plutôt de croiser quatre éléments :
1 - Ce qui intéresse réellement le lycéen. Une discipline étudiée pendant plusieurs années doit rester suffisamment motivante.
2 - Ses points d’appui scolaires. Le classement prendra en compte les performances universitaires : choisir uniquement une discipline « stratégique » dans laquelle on risque d’être en grande difficulté serait donc discutable.
3 - Le contenu des études envisagées. Le bloc santé conservera une composante scientifique importante. Un lycéen qui envisage médecine doit donc regarder honnêtement son rapport aux sciences et sa capacité à les travailler.
4 - Le plan B. Si l’accès à la filière de santé n’aboutit pas, la discipline choisie doit idéalement ouvrir sur un cursus que l’étudiant pourrait réellement accepter de poursuivre.
C’est précisément ici que la réflexion d’orientation devient plus intéressante qu’une simple recherche de « la meilleure matière pour médecine ».
Le bon choix n’est pas nécessairement celui qui semble le plus évident. C’est celui qui reste cohérent avec le projet, le fonctionnement du jeune, ses capacités actuelles et plusieurs scénarios possibles.


Que se passe-t-il pour les étudiants qui commencent en 2026 ?
La situation des étudiants entrant en PASS ou en LAS à la rentrée 2026 mérite également une attention particulière.
Service-Public précise qu’une transition vers le nouveau dispositif est prévue à la rentrée suivante. Les modalités concrètes devront cependant être vérifiées auprès de chaque université lorsqu’elles seront définitivement publiées.
Pour ces étudiants, mieux vaut donc suivre directement les communications de leur établissement plutôt que se fier à des informations générales ou à des contenus plus anciens trouvés sur Internet.
Et à Lyon ?
Pour les futurs étudiants lyonnais, l’Université Claude Bernard Lyon 1 est naturellement une source à surveiller.
Pour l’année universitaire 2026-2027, les informations publiées concernent encore le dispositif PASS/LAS actuellement en vigueur. Les futurs parcours 2027-2028 devront donc être vérifiés au fur et à mesure de leur publication par l’université et sur Parcoursup.
Je mettrai cet article à jour lorsque les modalités spécifiques à Lyon seront officiellement disponibles.
Ce que les lycéens peuvent déjà faire
Il n’est pas nécessaire d’attendre toutes les modalités de Parcoursup 2027 pour commencer à réfléchir.
Un lycéen intéressé par la santé peut déjà chercher à comprendre ce qui l’attire réellement : le soin, les sciences, la relation aux patients, la technicité, la recherche, le fonctionnement du corps humain, le statut du médecin… ou parfois simplement l’image qu’il se fait aujourd’hui du métier.
Il peut aussi découvrir d’autres professions de la santé, comparer leurs réalités et réfléchir aux environnements professionnels dans lesquels il se projette.
L’objectif n’est pas de décider immédiatement d’un parcours définitif. Il est plutôt d’arriver au moment des choix avec plusieurs hypothèses suffisamment explorées pour pouvoir les comparer.
Se faire accompagner dans sa réflexion d’orientation
Un projet de médecine peut être très solide. Mais il mérite, comme n’importe quelle autre piste, d’être exploré plutôt que considéré d’avance comme une évidence.
Dans mon accompagnement en orientation à Lyon, nous partons d’abord du jeune : ses intérêts, ses expériences, ses motivations, ses valeurs et son fonctionnement. Nous ouvrons ensuite plusieurs pistes professionnelles avant de comparer les métiers, les formations et les scénarios possibles.
L’objectif n’est pas de lui annoncer « le métier qui est fait pour lui », mais de lui permettre de comprendre ses choix et de disposer de plusieurs options réalistes.
Un entretien découverte de 1 h 15 est proposé gratuitement et sans engagement, avec le jeune et au moins un parent.
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Foire Aux Question
Références :
Le PASS et la LAS vont-ils vraiment disparaître en 2027 ?
Le Gouvernement a annoncé leur remplacement à la rentrée universitaire 2027 par une voie unique d’accès aux études de santé. Les modalités réglementaires détaillées sont cependant encore en cours de finalisation.
Faut-il obligatoirement choisir SVT au lycée pour faire médecine en 2027 ?
La réforme annoncée n’établit pas de règle imposant la spécialité SVT. En revanche, la future première année conservera un important bloc de connaissances scientifiques. Il faut donc distinguer condition obligatoire d’admission et préparation académique utile.
La réforme rendra-t-elle médecine plus facile d’accès ?
Non. Elle vise surtout à simplifier et harmoniser les parcours. L’accès aux filières MMOPK restera sélectif et dépendra notamment des résultats obtenus et du nombre de places disponibles.
Pourra-t-on redoubler la première année ?
Le dispositif présenté par le Gouvernement prévoit qu’un redoublement puisse être autorisé une fois. Les conditions précises devront être confirmées dans les textes d’application.
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Sébastien FLAMENS
Praticien en orientation scolaire à Lyon et à distance
Consultant en bilan de compétences à Lyon et à distance
Praticien en thérapies brèves à Lyon


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